Palmes croisées « St ÉTIENNE »
vers 1897 à 2011
Épreuve facultative des canons finis assemblés, à la poudre noire. Le motif frappé une, deux ou trois fois signale l'épreuve ordinaire, double ou triple.
Outils · 04
Les poinçons sont l'état civil d'une arme ancienne : où elle a été éprouvée, avec quelle poudre, sous quel régime. Ce répertoire couvre les deux bancs que l'on rencontre le plus sur les fusils de chasse en France : Saint-Étienne et Liège. Chaque fiche affiche sa période, sa signification, ses sources, et surtout son niveau de confiance : ce qui est croisé est dit croisé, ce qui est hypothèse est dit hypothèse.
Les poinçons d'épreuve se lisent sous les canons (les plats, sous les chambres) et sur la table de bascule. À Saint-Étienne, PT sous une couronne signale l'épreuve ordinaire à la poudre sans fumée (depuis 1900) ; à Liège, une petite lettre frappée près des poinçons donne l'année d'épreuve depuis 1922.

Avant de commencer
Arme déchargée, démontée (longuesse puis canons). Ne polissez jamais les marquages : vous détruiriez ce que vous cherchez à lire. Les dessins de cette page sont des représentations schématiques redessinées d'après les documents officiels, pas des fac-similés : les frappes réelles varient selon les époques et l'usure.

01 · Saint-Étienne
Une vérité que cette page assume, à rebours de bien des réponses trop sûres : la France, presque seule en Europe, n'a jamais utilisé de code de date sur ses armes civiles. Un poinçon stéphanois donne un régime d'épreuve, donc une fourchette, jamais une année. C'est la combinaison des indices (poudres, marquages dimensionnels, modèle, catalogue) qui resserre la datation.
vers 1897 à 2011
Épreuve facultative des canons finis assemblés, à la poudre noire. Le motif frappé une, deux ou trois fois signale l'épreuve ordinaire, double ou triple.
1897 à 2011
Fusils finis : épreuve ordinaire à la poudre noire (la poudre F).
1897 à au moins 1962
Fusils finis : épreuve supérieure à la poudre noire. Contrairement à ce qu'on lit parfois, ce poinçon ne désigne pas les canons lisses.
1896-97 aux années 1910-1920 (fin discutée : 1914, 1923 ou 1926 selon les sources)
Fusils finis : épreuve à la poudre sans fumée de type S ou J, première génération. Sa présence date l'arme d'avant le milieu des années 1920.
Début bien établi, fin d'usage contestée entre les sources.
1898 (arrêté du 14 mai 1898) aux années 1910-1920
Fusils finis : épreuve à la poudre M, sans fumée. Comme le PS, il signe une arme d'avant le milieu des années 1920.
1900 à 2011
Fusils finis : épreuve ordinaire à la poudre sans fumée (poudre T). Le poinçon d'épreuve français par excellence du XXe siècle.
vers 1923-1926 à 2011
Fusils finis : épreuve supérieure (renforcée) à la poudre sans fumée. Le poinçon recherché des fusils « éprouvés supérieur ».
1929 (au plus tard) à 2011
Poinçon supplémentaire des armes éprouvées en état de livraison : l'arme complète a été présentée, pas seulement ses canons.
1897 à 2011, avec changement de rôle
D'abord épreuve provisoire des ébauches de canons (état 1929), puis épreuve des armes courtes dans le système tardif (état CIP 2001). La date de bascule reste à établir.
1929 (au plus tard) à 2011
Épreuve des armes longues rayées (carabines). La variante ARR couronné marque leur réépreuve.
XXe siècle, jusqu'à 2011
L'arme a échoué à l'épreuve : rebut. À ne pas confondre avec les R couronnés de réépreuve.
avant 2001, toujours en vigueur
Épreuve renforcée « billes d'acier » des canons lisses : obligatoire pour tirer la grenaille d'acier haute performance.
depuis 2011
Le système actuel : écusson hexagonal CIP contenant N (épreuve ordinaire), S (supérieure) ou PN (poudre noire), accompagné du poinçon d'identification du banc.
02 · Liège
1811 à 1846 ; réservé ensuite aux armes à chargement par la bouche
L'épreuve définitive liégeoise à la poudre noire, dans sa forme primitive sans étoile ni couronne.
La borne 1846 (ajout de l'étoile) repose surtout sur littlegun.be.
1846 à 1893
Acceptation définitive à la poudre noire. Un fusil belge portant cet ovale NON couronné a été éprouvé avant juillet 1893.
depuis le 11 juillet 1893 (sous cette forme jusqu'en 1968)
Acceptation et épreuve définitive. La couronne au-dessus de l'ovale est LE marqueur « après 1893 » des fusils belges.
1853 à nos jours (déjà seul poinçon de 1672 à 1810)
Le monument emblème de Liège, frappé depuis 1853 pour l'inspection du système de fermeture. Sa présence date l'arme d'après 1853.
1898 à 1968 sous cette forme
Épreuve à la poudre sans fumée (« poudre vive »). Un fusil belge sans ce lion et sans épreuve nitro est très probablement du XIXe siècle.
1894 à 1968
Canon rayé. Attention à l'homonyme : un R NON couronné (1846-1889) marquait au contraire un canon refusé à l'épreuve.
1852 à nos jours (canons lisses seulement depuis 1924)
Épreuve provisoire du canon, avant montage de la culasse.
1877 à nos jours sous cette forme (suspension 1968-1973)
Contremarque personnelle du contrôleur du banc. La lettre I n'a jamais été attribuée. Les registres nominatifs publiés divergent : nous ne publions pas les noms.
1898 au 30 juin 1924
Le calibre nominal (ex. 12 C) frappé dans un losange. Marqueur de datation précieux : sa présence place l'épreuve avant la mi-1924.
depuis 1924
Calibre et longueur de chambre en millimètres, dans un cartouche. Remplace le losange : sa présence place l'épreuve après 1924.
1922 à 1999 (tables publiées ; après 1999, non documenté en ligne)
Une petite lettre frappée près des poinçons donne l'ANNÉE D'ÉPREUVE (pas forcément de fabrication). Quatre cycles : minuscules 1922-1947, lettres grecques 1948-1961, minuscules à nouveau 1962-1987, majuscules en ordre non alphabétique 1988-1999. Utilisez le dateur ci-dessous.
03 · Le dateur liégeois
Depuis 1922, le Banc d'Épreuves de Liège frappe une lettre annale près de ses poinçons. Saisissez-la : l'outil donne l'année d'épreuve. Les minuscules ont servi deux fois (1922-1947 puis 1962-1987) : en cas d'ambiguïté, l'outil vous demande un indice et, à défaut, donne les deux candidates. L'année obtenue est celle de l'ÉPREUVE, pas nécessairement de la fabrication.

Rappel des cycles : minuscules 1922-1947 (a=1922), lettres grecques 1948-1961, minuscules 1962-1987 (a=1962), majuscules 1988-1999 en ordre non alphabétique (P=1988 ... W=1999). Après 1999 : table non publiée en ligne. Sources en bas de page.
04 · Recouper
| Ce que vous voyez | Ce que ça implique |
|---|---|
| Calibre dans un losange (Liège) | épreuve entre 1898 et la mi-1924 |
| Notation 12-70 ou 16-65 (Liège) | épreuve après 1924 |
| Ovale ELG sans couronne | avant juillet 1893 |
| Lion sur PV présent | après 1898 |
| ELG couronné sans lettre annale | fenêtre 1893-1922 |
| PS ou PM couronné (Saint-Étienne) | avant le milieu des années 1920 |
| PT couronné seul (Saint-Étienne) | après 1900 |
Pour aller plus loin : la terminologie bilingue de ces pièces (plats de canon, table de bascule), et la façon dont l'épreuve moderne s'est passée pour le Winchester M1885 de mon diplôme, éprouvé au Banc National d'Épreuves de Saint-Étienne à 2 750 bar.
Sources et méthode
Compilation établie en juillet 2026 par croisement de documents officiels et de références spécialisées ; chaque fiche porte ses sources propres et son niveau de confiance. Périmètre actuel : Saint-Étienne (fin XIXe au système CIP) et Liège. Châtellerault et les poinçons stéphanois de 1782-1856 (hypothèses de datation de J.L. Gillier) viendront dans une édition ultérieure. Une erreur, un poinçon manquant ? Écrivez-moi.